Traducteur, C’Est Avant Tout Être Un Lecteur

« Derrière le miroir » est une série de portraits qui vous fera découvrir les personnalités des traducteurs et des traductrices de la promotion 2019 de l’ETL (École de Traduction Littéraire CNL-Asfored).

D’Allemagne, Peggy Rolland se remémore les joyeux étés passés en famille. Elle y allait régulièrement et, elle attendait avec impatience ce grand départ. C’est son père qui lui avait transmis cet attrait pour l’outre-Rhin. Il avait conservé des liens avec son correspondant allemand et cela malgré les années. L’amitié franco-allemande prenait tout son sens pour « notre famille bretonne ». De l’ouest à l’est, Peggy fait un petit pas de plus et s’oriente vers des études de langues étrangères, en faculté d’allemand. Et rapidement, elle sait qu’elle ne veut pas enseigner ; la traduction littéraire lui fait de l’œil.

Au sortir de la fac d’allemand, Peggy a tout fait. « J’ai été multitâche : je faisais du journalisme, je travaillais dans le web. Et j’occupais un poste administratif au DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst), où je pratiquais l’allemand au quotidien, ma langue de cœur, et aussi l’anglais ». Peggy est, dès lors, en contact avec des agences de traduction auxquelles elle se confronte régulièrement. « Je me suis aperçue qu’il fallait beaucoup retravailler les textes, car les traducteurs n’osaient pas toujours s’écarter du texte d’origine et penser dans la langue-cible… ». En parallèle, Peggy n’oublie pas de passer une tête dans sa bulle d’air : écrire de la musique et des chansons. Oui, Peggy est aussi chanteuse, et anime de nombreux ateliers d’écriture de chansons auprès des enfants.

Après 10 ans consacrés à son travail, elle a voulu donner plus de part à la musique dans sa vie. Et le seul moyen, pour Peggy, de donner à son autre passion plus de place dans son quotidien, a été de travailler à son compte. « Et ça a été gagnant ! ». Le jour où elle quitte son job est le jour où elle reçoit un message pour traduire un roman jeunesse, pour les éditions Fleurus. Elle accepte bien sûr. Tout de suite, elle se met dans la peau du personnage du roman qu’elle va traduire. Celle d’un chat espion, Winston, héros d’une série de romans très drôles.

La littérature jeunesse est une révélation ! C’est un plaisir, une évidence. « Déjà, dans mes activités, j’avais une appétence pour la jeunesse. Avec Winston, je l’ai développée. Ce qui me plaît dans cette littérature, c’est la part de liberté, quasi obligatoire, que l’on a face à des mots qui resteraient intraduisibles dans la langue de destination, depuis l’allemand comme depuis l’anglais. Dans l’humour, les jeux de mots, les images ou les sonorités, comme dans le choix des noms par exemple… c’est cela qui donne un champ de créativité énorme et dans lequel, il y a quelque chose de facétieux qui peut se passer. Et c’est là que le traducteur peut faire des choix de traduction qui vont ancrer l’univers dans la langue de destination. Et ils peuvent être très forts. En langue anglaise, je pense à l’univers d’Harry Potter, par exemple, avec un choix du traducteur qui parfois va jusqu’à l’extrême. Un bel exemple d’inventivité ! »

Chemin faisant, Peggy continue à travailler pour les éditions Fleurus, toujours en littérature jeunesse. Elle traduit des livres tournés vers les adolescents, comme Les Passeurs d’histoires, un roman aux enjeux plus marqués, contrairement à Winston qui a forcément un lectorat diffèrent, plus jeune. Et quand elle ne traduit pas de la littérature depuis l’allemand ou l’anglais, Peggy traduit dans les domaines des sciences humaines ou du marketing. Elle sent que, elle toute seule, elle n’a pas suffisamment de connexions avec le monde de l’édition, et les éditeurs en particulier, pour vivre pleinement comme traductrice. Elle n’a pas de point d’appui. Jusqu’à ce qu’elle entende parler de l’ETL…

Peggy, membre de l’ATLF, voit passer sur leur fil Twitter un appel à candidatures pour l’ETL, publication dans laquelle elle voit le nom d’Olivier Mannoni. Elle connaît son nom car elle l’a vu dans des interventions. Elle sait qu’il est une personnalité forte et importante du monde de la traduction. Peggy creuse un peu plus et découvre que l’ETL, ce sont aussi des ateliers multilingues où l'on est confronté à d’autres langues que les siennes. Mais aussi à d’autres méthodes et problématiques qu’elle rencontrera certainement un jour. Elle postule donc à l’ETL et banco, sa candidature est acceptée.

L’École aura remotivé son envie… « Je suis plus optimiste, plus active. Aujourd’hui, je peux vous confirmer que, l’ETL, c’était pour moi… ».

« Je me souviens, au début de la formation, on était tous en train de s’excuser d’être là. En fait, avec le recul, on n’assumait pas le fait d’être traducteur. On avait besoin de légitimité. Et cette formation nous a donné plus de confiance en nous, en tant que traducteurs, et d’assumer pleinement notre métier. Parce qu’en fin de compte, c’est un vrai métier ! ».

Un autre atout de cette formation, c’est le réseau qui se crée naturellement entre les élèves de la promotion et autour d’eux. « Avant l’ETL, c’était grâce au ‘bouche-à-oreille’ que l’on pouvait espérer décrocher un contrat. Avec le réseau ETL, j’ai décroché un contrat pour lequel j’ai été recommandée. Cela signifiait beaucoup pour moi car être recommandée veut aussi dire que l’on vous fait confiance à 100 % pour entreprendre une mission. Donc oui, avoir un réseau de traducteurs quand on est traductrice, c’est très important. ».

Peggy n’accepte pas toujours tous les textes qu’on lui propose. Par honnêteté intellectuelle. « Avant d’accepter une mission, je teste le texte. Je fais un premier essai de traduction. Si le texte me bloque, ou que je ne le ‘sens’ pas, je ne l’accepte pas. Avec Winston, par exemple, j’ai commencé par lire le texte dans son intégralité pour avoir une première impression de lecture. C’est elle qui va conditionner la traduction, tout en gardant l’esprit de l’auteur et de sa création. Et si j’ai une réelle difficulté à saisir les subtilités d’une expression ou d’une référence culturelle, je fais appel à mes collègues traducteurs franco-allemands, avec lesquels on se réunit une fois par mois pour échanger. Cela nous permet d’écluser les problématiques, de nous rassurer dans nos choix de traduction ou de nous remettre en question face au texte et à son contexte. On peut ainsi envisager un autre choix pour telle ou telle expression, tout en restant décisionnaire du rendu final. Quand on est traducteur, on peut aller plus loin tout en restant fidèle à l’esprit d’un texte. On est le gardien d’un texte ».

« Traduire, c’est un métier autour de l’écriture mais avec des trames fixées par un autre auteur. Il y a un certain confort, certes. Mais traduire, c’est aussi être auteur d’un texte écrit par un auteur dans une autre langue et une autre culture. On est, sans cesse, en prise avec cet autre, comme une mise en abyme au service d’un texte et de son lectorat». Comme un auteur, on prend des décisions, on tranche, on s’approprie un texte. On a trop souvent peur de trahir un texte ou un auteur alors que la trahison est inhérente à notre mission. « Il est très important pour moi de donner des clés au lecteur pour qu’il ne soit pas perdu. Et comme tout dépend du contexte. Il m’est arrivé de devoir retravailler un texte pour m’adapter aux attentes du lectorat français. Les références ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre, d’un public à l’autre.

Et si l’on parvient à transmettre l’essence d’un texte jusqu’à un lecteur, c’est alors un grand soulagement que l’on ressent. Celui d’une mission accomplie ! ».

Quand on traduit un texte, on accepte aussi de s’exposer. En fait, il y a un véritable enjeu à exister pour les traducteurs. Non seulement pour être plus visible et se faire découvrir, mais surtout pour montrer la constance de la production littéraire dans le monde. « On va plutôt dans le bon sens, je pense, je suis plutôt optimiste. Le traducteur ne vit plus dans l’isolement. Il est toujours connecté aux autres, à sa communauté. On communique, on s’entraide. On a une réelle volonté de fédérer autour de notre métier, de le transmettre tout en y apportant une réflexion pour son futur. Je ne vous parlerai pas des traductions automatiques car je suis persuadée que l’intelligence artificielle peut apporter des solutions immédiates, si les phrases sont simples. Parce que, quand le texte est complexe, les faux sens peuvent être nombreux si on ne les passe pas au travers du filtre de la lecture humaine. L’intelligence artificielle ne connaît pas les impressions de lecture. Et comment pourrait-elle le faire ? C’est un algorithme. Ce n’est pas un lecteur. Faites le test ! Prenez un extrait d’un texte reconnu pour sa complexité, Walt Whitman par exemple, ou même Goethe et traduisez-le dans Google Translate. Vous verrez que la lecture humaine reste essentielle pour atteindre la finesse d'un texte. Et que le traducteur reste avant tout un lecteur », ajoute Peggy.

S’il y a bien un conseil que Peggy donne volontiers à tout traducteur en herbe qui souhaite se professionnaliser, c’est de lire, c’est-à-dire, de « développer sa curiosité, lire des textes, mais surtout des traductions de textes originaux pour se donner toutes les chances de s’épanouir dans ce métier. Et ce métier, on le perfectionne au fil du temps. C’est un des métiers les plus vieux au monde ».

Une parution en octobre, beaucoup de lectures et se rapprocher du monde de l’édition, telle est l’actualité de Peggy Rolland. Et elle s’empresse de conclure : « aujourd’hui, quand je me présente, je dis que je suis traductrice depuis l’anglais et l’allemand. Je le dis plus facilement et avec fierté ».

Pour en savoir encore plus sur Peggy Rolland, découvrez ici son parcours professionnel.

Pour la contacter:

Sur Twitter : https://twitter.com/PeggyRolland

Sur son blog/site : www.peggyR.com

Et pour en apprendre plus sur l’ETL, c’est par là.

Nous vous donnons rendez-vous mi-octobre pour un nouveau portrait « Derrière le miroir ».

L’ETL, née d’un partenariat entre le Centre national du livre et l’Asfored, propose aux jeunes traducteurs, déjà engagés dans le métier, une formation complète, fondée sur un enseignement de la traduction multilingue, grâce à des ateliers assurés par des traducteurs chevronnés et des interventions de professionnels de tous les métiers du livre.

Si vous voulez en savoir plus, nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions ici

Alexia Maury, Traductrice Etl

« Derrière le miroir » est une série de portraits qui vous fera découvrir les personnalités des traducteurs et des traductrices de la promotion 2019 de l’ETL (École de Traduction Littéraire CNL-Asfored).

Traduction et culture : la nécessaire interdépendance

Certains arrivent à la traduction par la lecture, d’autres par la culture. Pas la culture qu’on étale à certains dîners mondains, mais celle qui pousse à en savoir toujours plus et à comprendre pourquoi là-bas, on pense différemment qu’ici. Alexia Maury, traductrice ETL, de l’espagnol et de l’anglais vers le français, nous raconte son parcours, celui d’une traductrice curieuse, poussée par le hasard dans un métier qui lui était certainement destiné.

« C’est le hasard qui m’a amenée à la traduction. Quelque chose que je n’avais pas en tête », nous dit Alexia Maury, traductrice ETL. « Quand j’ai dû choisir une langue pour intégrer une classe européenne, j’ai pris l’espagnol. En fait, l’espagnol était la seule langue disponible qui pouvait me permettre d’intégrer une classe européenne. Et peut-être parce que mon père le parle également. Mais ma passion pour l’espagnol n’est pas issue de ce paradigme. C’est aussi parce que j’ai eu la bonne professeure, celle qui vous donne envie, celle qui vous fait travailler. C’est grâce à elle que je me suis découvert une facilité pour cette langue. En plus, passer trois ans en classe européenne, trois ans à vivre au contact d’autres cultures, en plus de la sienne, cela ne peut que vous motiver à sortir de votre zone de confort, pour échanger avec d’autres gens et découvrir d’autres cultures. Enfin, si vous êtes curieux ! Dans mon cas, ce sont les cultures hispanophones et anglophones qui m’ont motivées ».

Alexia, après un bac S, poursuit des études en archéologie et en histoire de l’art et, en parallèle, des études d’économie et gestion, et tout cela à Montpellier. Elle a un coup de foudre pour l’histoire de l’art, qui l’amène à Barcelone, le temps d’une année Erasmus. Mais pendant une année, prendra-t-elle suffisamment de hauteur pour pouvoir élargir ses horizons ? Qu’à cela ne tienne ! De la hauteur, elle va en prendre en se rendant en Australie pour y parfaire son anglais. Et c’est sans prix pour Alexia. Elle y découvre la vie locale des gens, elle communique avec eux, les questionne pour en savoir plus sur leurs modes de vie, leurs valeurs, leur vision, les expressions et les références culturelles qui leur sont propres pour qu’elle puisse, à son tour, les transmettre à d’autres.

Dès qu’elle en a l’occasion, Alexia effectuera des voyages en Amérique Centrale. Elle sait qu’elle ne pourra avoir accès à la culture, qu’en y étant, à sa source. Elle cherche à comprendre ce qui se passe dans ces coins, ceux auxquels on n’a pas forcément accès, parce que trop loin dans l’espace ou dans le temps. C’est comme une passion « que je ne saurais expliquer ». À l’image du Mexique, par exemple, et de la région du Chiapas, en particulier, où le mouvement zapatiste est toujours aussi présent, et dont l’impact est considérable sur la société mexicaine. De nombreux penseurs, Mexicains, comme Pablo Gonzalez Casanova, et étrangers, à l’instar de Noam Chomsky, ont souligné l’influence de ce mouvement sur les modes de vie en local.

Pour mieux comprendre les arts de telle ou telle culture, pourquoi telle couleur est plus signifiante ici qu’ailleurs, elle a un atout de taille : elle parle leur langue, même si Alexia a très peu lu d’auteurs étrangers dans leur langue. « On peut dire que contrairement à la majorité des traducteurs, je ne suis pas arrivée à la traduction par la lecture mais par la culture ». C’est grâce à la culture qu’elle découvre des auteurs non traduits. Tout doucement, elle trouve un intérêt grandissant dans la langue du livre qui a été écrit. Elle voit la langue comme révélatrice d’une culture.

À son retour à Paris, Alexia occupera un poste dans le marketing digital. Cinq ans se passent quand une de ses amies, lui annonce que la maison d’édition pour laquelle elle travaille, Solar, cherche des traducteurs en espagnol. Elle propose ses services, fait un essai de traduction, qui se passe très bien. Puis elle traduit un premier livre sur le développement personnel et sur la gestion des complexes, sous l’angle de l’humour. Alexia ne se sent pas à sa place dans l’entreprise. Elle sait qu’elle n’est pas en phase avec la culture de celle-ci et a envie de passer à autre chose. Même si elle est encore loin de s’imaginer faire de la traduction un métier, elle quitte son poste. Elle a adoré la liberté, l’autonomie que lui a apporté la traduction, mais elle se heurte à la difficulté d’en vivre. Alexia vit des droits d’auteur de son premier livre et du chômage. Mais bientôt d’autres commandes, d’autres livres avec des thématiques différentes et diversifiées arrivent sur son bureau. Alexia commence à entrevoir que la traduction est un métier et qu’il ne peut pas se faire en dilettante. Et ce métier, finalement, elle y est arrivée par hasard. Elle l’apprend intuitivement, sur le tas.

Même si la vision du métier lui manque, Alexia se débrouille et elle tente de s’informer sur les rémunérations, les droits, les méthodes et techniques de travail. Les infos qu’elle trouve sont distillées au compte-goutte par le secteur. Ou alors, elle ne sait pas où chercher, tant cela reste hermétique. Alexia se retrouve très vite confrontée au monde tant rêvé des indépendants et cela n’est pas aussi simple que cela. Elle reste toutefois persuadée qu’elle peut en vivre mieux. À condition d’avoir d’autres sources de revenus et de trouver un équilibre financier. Que faire ? Elle quitte Paris, qui est une ville trop chère, et retourne à Montpellier.

Alexia y continue ses missions pour la maison Solar. Elle rédige, conçoit des briefs iconographiques ou des indications éditoriales. Elle écrira aussi un livre de préparation aux concours administratifs. Toutes ses missions lui apportent une cohérence dans son parcours. Et plus elle se rapproche des éditeurs, plus elle sent qu’il y a quelque chose à faire. « Mais quand on travaille de chez soi, on reste paradoxalement concentrée sur son monde » nous confie-t-elle.

« L’an dernier, en 2018, je suis parti à l’étranger et Solar souhaitait une traduction que je ne pouvais donc pas réaliser. Et le hasard fait bien les choses car la traductrice qui avait été choisi, Sophie Hofnung, avait suivi la formation de l’ETL. C’est comme cela que j’ai connu l’École de Traduction Littéraire. Je l’ai contactée et Sophie a accepté de répondre à toutes mes questions, sur l’École mais aussi sur son parcours. Puis, je suis allée sur le site et cela a confirmé mon intérêt. Moi qui ne voyais même pas la traduction comme un métier ! Cela ne pouvait être que bénéfique pour moi ».

J’ai une vision différente maintenant de la traduction. En pratique, l’ETL nous informe sur ce que l’on peut attendre de la traduction en tant que métier et cela, c’est beaucoup, surtout pour moi qui n’en avait qu’une vision restreinte. J’ai découvert l’approche littéraire de la traduction, celle qui s’intéresse à la langue dans laquelle un auteur écrit son livre et celle qui cerne ce qui fait le style et la singularité d’un auteur. L’ETL est, dans ce sens, comme respirer un grand bol d’air frais. On rencontre des gens qui font le même métier que vous, professeurs et élèves, et qui sont prêts à partager leurs bonnes pratiques et leur réseau avec vous. Et c’est pour cela aussi que j’ai déposé ma candidature à l’ETL, pour mieux approcher les éditeurs et étoffer mon réseau ».

Le rôle d’un traducteur est de réussir à donner des clés au lecteur. Les contextes changent toujours et le traducteur s’adapte tout en adaptant les marqueurs, qu’ils soient temporels ou spatiaux. Son but n’est pas de transformer un texte pour le rendre accessible mais de le transmettre avec des clés de lecture qui aide le lecteur à se l’approprier dans un contexte donné. « Ça veut dire, par exemple, qu’il ne faut pas lisser les aspérités d’un texte, ou les gommer, car ce sont elles qui font le texte. Ce sont elles qui poussent le lecteur à découvrir, à approfondir ce qu’il ne connaît pas. Lisser un texte, pour que personne ne se heurte à des mots a priori compliqués ou a priori inconnus, c’est dépourvoir le texte de ce qui fait sa richesse, à la fois dans son contexte d’écriture et dans l’acte de traduire. L’intérêt pour le lecteur doit rester dans la découverte et pour l’auteur ou le traducteur, dans l’envie d’accompagner le lecteur au-delà de sa zone de confort, au-delà des images d’Epinal » poursuit Alexia.

Comment s’y prend elle ? « Je me mets à la traduction tous les matins, vers 10h/11h. Je réalise une première traduction plutôt grossière, ou dégrossie, si vous préférez. Puis, je me mets en mode intensif et je ne fais plus que cela. Je m’y consacre exclusivement et ce, jusqu'à 3 h ou 4 h du matin parfois. Je suis dans le livre, au sens propre comme au sens figuré, et uniquement dans le livre. Je reste dans la pensée de l’auteur. Pour cela, je déroule le texte, comme quand on rencontre une personne, on cherche à la découvrir au fil des pages. Puis, il y a un déclic et on arrive à en comprendre le style et la pensée. On voit mieux ce que l’auteur a fait ou comment il travaille ».

Pour Alexia, le futur de la traduction, c’est d’aller proposer des projets aux éditeurs, en fonction des sensibilités communes. De leur faire découvrir des auteurs et des livres d’un pan du monde qui est encore inexploré. « Les sujets qui m’intéressent par exemple sont liés à l’actualité de l’Amérique Centrale, avec ses problèmes mais aussi avec ses vérités. C’est un coin du monde où les cultures cohabitent naturellement, un endroit qui donne à voir une société où la modernité et l’ancien coexistent, comme pour trouver un équilibre entre le présent et le passé. Là où en Europe, on aura plutôt tendance à tout faire rentrer dans la modernité quitte à en effacer le passé ».

Alexia vient de terminer l’écriture d’un livre, et elle a remis sa casquette de traductrice. Elle traduit depuis l’espagnol une collection de livres jeunesse qui dressent le portrait de personnages historiques, Cléopâtre, Mozart ou encore Martin Luther King. Cette collection devrait compter 60 numéros et Alexia est en charge de la traduction de 23 d’entre eux…pour le moment. « J’aime faire des choses différentes. Je ne me projette pas dans un métier en particulier, pour l’instant. Je prends les opportunités qui se présentent, comme une bonne expérience. La traduction, oui, c’est difficile d’en vivre mais j’ai toujours envie de le faire, c’est passionnant. Et à chaque fois que je traduis, je me rends compte que plus je me remets en question face au texte, plus j’aime cela. Et cela, c’est positif ».

Pour en savoir encore plus sur Alexia Maury, découvrez ici son parcours professionnel.

Pour la contacter sur LinkedIn : @alexiamaury

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