L’Éveil D’Une Voix Bulgare

« Derrière le miroir » est une série de portraits qui vous fera découvrir les personnalités des traducteurs et des traductrices de la promotion 2019 de l’ETL (École de Traduction Littéraire CNL-Asfored).

Née dans une famille de traducteurs littéraires, Velina Minkoff est le témoin privilégié d’un passage, celui d’une culture et d’une langue à une autre, d’une métamorphose en temps réel. Son père traduisait de l’anglais vers le bulgare tout comme sa tante, et sa mère du français. « Traduire reste un moment très émouvant pour moi » nous confie-t-elle.

Lorsque Velina Minkoff n’était encore qu’une enfant, ses matins avaient toujours été rythmés par ce même bruit mécanique et récurrent, un bruit qui allait crescendo au fur et à mesure que la journée avançait. C’était un bruit intrigant, envoûtant, et les feuilles qui volaient à travers la pièce sublimaient cette vision qui en devenait presque poétique. Et au centre de cette image, elle voyait ses parents et sa tante, fidèles à leur poste, frapper sur des machines à écrire, du lever au coucher du soleil. Elle se souvient du bruit de ces machines à écrire que l’on trouvait en Bulgarie, avant la chute du bloc soviétique. Il appartenait à sa famille. C’était un bruit lourd de sens.

Velina Minkoff ne comprenait pas tout. Elle voyait les textes se transformer en temps réel. Des mots issus d’un autre alphabet prenaient une nouvelle dimension, une nouvelle vie, dans une autre langue, la sienne. Elle voyait les livres, des éditions originales, si précieux en ce temps-là, mais elle n’en saisissait pas les enjeux. Il lui était interdit de s’approcher de ces feuilles, de ces machines à écrire, de ces livres. Cela l’avait fasciné encore plus. « Je me rappelle, qu’en secret, je prenais des livres. Je regardais les lettres. Je me disais : Mais il n’y a que des lettres ! Pas de dessins ! Mais, plus je les regardais, plus je m’intéressais à leurs formes. Et derrière les lettres, je voyais enfin le dessin d’un texte. Je voyais le texte se révéler. Bien sûr, j’ai été grondée pour avoir touché aux livres étrangers, mais cela doit avoir fait naitre en moi l’amour du texte. ».

Grandir à l’ombre de traducteurs a été une grande inspiration. Elle baignait dans la littérature étrangère, notamment américaine et britannique. Sa tante, qui avait marqué toute une génération en Bulgarie, en traduisant P. G. Wodehouse, avait même traduit, pour faire plaisir à Velina, une œuvre encore inconnue en Bulgarie à cette époque-là, Les 101 dalmatiens de Dodie Smith, texte qu’elle a rendu accessible par la suite à toute une génération de jeunes Bulgares. « J’ai été très fière. C’est aussi pour cela que je me suis plongée dans l’apprentissage des langues, très jeune, pour comprendre cette transformation du texte ».

Puis c’est la chute du mur de Berlin. Et quelque temps plus tard, la fin du bloc soviétique, qui a entraîné la fermeture des maisons d’édition d’état. Un vent de liberté soufflait alors en Bulgarie et nombre de maisons d’édition privées s’étaient créées. Toutes les maisons cherchaient des traducteurs pour publier des livres qui n’étaient alors pas connus durant la période communiste.

Quand Velina avait 16 ans, elle était au lycée anglais de Sofia. « J’ai passé un test de traduction pour une des maisons nouvellement créées. C’était pour traduire The Love Machine, un roman de 500 pages écrit par Jacqueline Susann, qui se déroule dans les années 60, dans le milieu du cinéma avec des personnages assez scabreux. Un projet plutôt osé pour une jeune fille de 16 ans. J’ai été choisie. Il a été publié le jour où je suis sortie du lycée. Je me souviens que, forcément, il s’était bien vendu parce qu’il était différent de tout ce que nous connaissions. Et suite au succès rencontré par la traduction, j’ai été engagée par une autre maison pour traduire le sulfureux Jacintha, écrit par Kathleen Winsor, auteure du Forever Amber, un roman risqué, et toujours un peu tabou. Vu de Bulgarie, on vivait dans un monde en transition. Ma génération et moi, on voyait un monde en construction dans lequel on se construisait aussi. ».

Du haut de ses 18 ans, Velina souhaitait faire des études de philologie anglaise à Sofia. Sa famille l’avait poussée à se professionnaliser mais elle rate ses examens d’entrée. Elle choisit alors de poursuivre ses études aux États-Unis. Elle est prise à UCLA dont elle sort diplômée avec une spécialisation en littérature anglaise. Elle termine également un double cursus d'écriture créative.

« J’avais envie de continuer à traduire mais paradoxalement, j’avais appris que certains traducteurs écrivaient aussi. Je me suis replongée dans la littérature avec laquelle j’ai grandi et j’ai postulé en ‘écriture créative’. J’ai été admise. C’était un parcours très intense mais inspirant. Non seulement, j’ai pu étudier la littérature mais j’ai aussi pu travailler sur mes propres nouvelles. Je n’ai pas cherché loin mon inspiration. J’écrivais sur la vie en Bulgarie et sur les personnages qui gravitaient dans ce monde. J’écrivais en anglais. Et quand on me demandait de traduire mes propres textes en bulgare, je répondais que je ne souhaitais pas mélanger l’écriture et la traduction. C’était trop propice à la réécriture et aux changements. Et cette tentation était trop grande dans l’acte d’auto-traduction. »

« Après les États-Unis, je suis revenue en Europe. J’avais déjà publié mon premier recueil et j’avais besoin de recul. Je me suis installée à Amsterdam où j’ai suivi un master en études européennes. J’ai rédigé une thèse dans le domaine de l’histoire de l’art. L’art et l’architecture sont une passion pour moi. Une passion que je n’avais pas pu explorer tellement je baignais dans la littérature. Et à Amsterdam, j’ai rencontré un Français, celui qui allait être mon mari. Je ne parlais pas le français et si je voulais vivre avec lui en France, je devais apprendre sa langue et m’immerger dans sa culture. C’était un défi énorme pour moi. »

C'est en France que Velina décide de changer pour la première fois la langue de son écriture et d'envoyer une nouvelle en bulgare pour un concours de la fondation Elizabeth Kostova. Elle le réussit et peu après, son premier roman sort en Bulgarie dans sa langue maternelle. Elle commence ainsi à traduire les auteurs contemporains bulgares vers l'anglais, dont le sien et grâce à son livre, elle est invitée à une résidence dans la maison d’édition Open Letter Books aux États-Unis.

« Cela a été difficile de faire de l’auto-traduction. Je me suis beaucoup battue avec moi-même. Contre les coquetteries. Contre les modifications. J’étais effrayée de penser que ce serait mieux de changer ceci ou cela pour assurer la compréhension en langue anglaise, d’incorporer dans le texte ce qui aurait pu être des notes en bas de page, au lieu de rester fidèle au texte original. Mon texte changeait sans arrêt. Il n’était plus le même. Une modification entraînait des vagues de modifications, pour s’adapter à un lectorat non bulgare. Je ne traduisais plus. J’étais en train d’écrire une version anglaise. »

« Mais de retour en France, je me suis sentie coupée du monde de la littérature et de la traduction, je me suis alors inscrite comme auditrice libre à l’École Normale Supérieure. Cela fut une révélation. J’y ai rencontré Olivier Mannoni qui nous a parlé de l’ETL et des grands traducteurs français. J’ai aussi pu y faire la connaissance de Patrick Maurus, traducteur du coréen vers le français. Mon parcours l’intéressa et après avoir lu les extraits de mon roman que j'avais déjà traduit en anglais, il m’a annoncé qu’il souhaitait traduire ce roman en français, à quatre mains. Le texte a alors pris une vie incroyable dans les trois langues et chaque langue venait enrichir l’autre. Mon premier roman Le Grand Leader doit venir nous voir était devenu ma première traduction en France. »

« Alors qu’on en était à la cinquième relecture, je me rappelle avoir vu passer l’appel à candidatures de l’ETL. Et même si j’avais pu rencontrer Olivier Mannoni lors d’une de ses interventions à l’ENS, je n’avais pas suffisamment confiance en mon français. J’ai postulé malgré tout. Quand j’ai appris que j’ai été prise, c’était un rêve qui se réalisait. Moi aux côtés des plus grands traducteurs français et j’allais travailler avec d’autres traducteurs de talent sur un bouquet de langues différentes. L’un des moments les plus intenses pour moi a été quand, devant ma classe, j’ai lu un poème de Hristo Botev en bulgare à la demande de Marie Vrinat pendant son cours sur la traduction de la littérature bulgare. Inoubliable ! »

« L’École m’a rassurée. Elle m’a donné le courage d’essayer de me traduire en français – d’oser transformer le tout sans que rien ne change, comme le dit Günter Grass. Même si je me bats toujours avec mon ‘auto-traduction’. Mon envie de traduire les auteurs bulgares est devenue plus forte encore, notamment en poésie et en théâtre. Des genres que j’adore et sur lesquels je n’ai pourtant pas beaucoup travaillé. Il y a des œuvres bulgares magnifiques qu’il me tarde de faire connaître au public français. Aujourd’hui, il y a une nouvelle vague littéraire en Bulgarie. Depuis la chute du communisme, des auteurs contemporains se sont fait connaître. C’est cette nouvelle vague d’auteurs qui a changé notre perception de ce nouveau monde en construction. Ce sont également des auteurs de la même génération que la mienne. Ils ont beaucoup voyagé et ont connu nombre de pays et de vies différentes. L’émigration bulgare a été très importante dans les années 90 à l’image de mon parcours. Les jeunes pouvaient suivre leurs études et vivre à l’étranger. Cette nouvelle littérature bulgare est le fruit d’un mélange de mondes, celui d’un monde vu par des Bulgares qui ont parcouru le monde entier. C’est un melting-pot de cultures, d’époques, de pays, qu’ils donnent à voir au lectorat bulgare. Ils transmettent tout ce qu’ils ont vu et vécu ailleurs, à travers un prisme particulier. »

« C’est pour cette raison que je souhaiterais apporter ma contribution afin de placer la littérature bulgare dans un contexte artistique mondial reconnu et la faire s’éveiller grâce aux langues qui me sont chères, le français et l'anglais. Si je pouvais émettre un message, je dirais : Cherchez des traducteurs dans les langues rares. On a tellement peu accès à ces cultures qu’il y a une impérieuse nécessité de les faire connaître. C’est peut-être cela qui transformera les langues rares en cultures familières, pour que chacun puisse les sentir et les goûter à travers les textes. »

Pour en savoir encore plus sur Velina Minkoff, découvrez ici son parcours professionnel.

Et pour en apprendre plus sur l’ETL, c’est par là.

Nous vous donnons rendez-vous mi-décembre pour un nouveau portrait « Derrière le miroir ».

L’ETL, née d’un partenariat entre le Centre national du livreet l’Asfored, propose aux jeunes traducteurs, déjà engagés dans le métier, une formation complète, fondée sur un enseignement de la traduction multilingue, grâce à des ateliers assurés par des traducteurs chevronnés et des interventions de professionnels de tous les métiers du livre.

Si vous voulez en savoir plus, nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions ici.

Traducteur, C’Est Avant Tout Être Un Lecteur

« Derrière le miroir » est une série de portraits qui vous fera découvrir les personnalités des traducteurs et des traductrices de la promotion 2019 de l’ETL (École de Traduction Littéraire CNL-Asfored).

D’Allemagne, Peggy Rolland se remémore les joyeux étés passés en famille. Elle y allait régulièrement et, elle attendait avec impatience ce grand départ. C’est son père qui lui avait transmis cet attrait pour l’outre-Rhin. Il avait conservé des liens avec son correspondant allemand et cela malgré les années. L’amitié franco-allemande prenait tout son sens pour « notre famille bretonne ». De l’ouest à l’est, Peggy fait un petit pas de plus et s’oriente vers des études de langues étrangères, en faculté d’allemand. Et rapidement, elle sait qu’elle ne veut pas enseigner ; la traduction littéraire lui fait de l’œil.

Au sortir de la fac d’allemand, Peggy a tout fait. « J’ai été multitâche : je faisais du journalisme, je travaillais dans le web. Et j’occupais un poste administratif au DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst), où je pratiquais l’allemand au quotidien, ma langue de cœur, et aussi l’anglais ». Peggy est, dès lors, en contact avec des agences de traduction auxquelles elle se confronte régulièrement. « Je me suis aperçue qu’il fallait beaucoup retravailler les textes, car les traducteurs n’osaient pas toujours s’écarter du texte d’origine et penser dans la langue-cible… ». En parallèle, Peggy n’oublie pas de passer une tête dans sa bulle d’air : écrire de la musique et des chansons. Oui, Peggy est aussi chanteuse, et anime de nombreux ateliers d’écriture de chansons auprès des enfants.

Après 10 ans consacrés à son travail, elle a voulu donner plus de part à la musique dans sa vie. Et le seul moyen, pour Peggy, de donner à son autre passion plus de place dans son quotidien, a été de travailler à son compte. « Et ça a été gagnant ! ». Le jour où elle quitte son job est le jour où elle reçoit un message pour traduire un roman jeunesse, pour les éditions Fleurus. Elle accepte bien sûr. Tout de suite, elle se met dans la peau du personnage du roman qu’elle va traduire. Celle d’un chat espion, Winston, héros d’une série de romans très drôles.

La littérature jeunesse est une révélation ! C’est un plaisir, une évidence. « Déjà, dans mes activités, j’avais une appétence pour la jeunesse. Avec Winston, je l’ai développée. Ce qui me plaît dans cette littérature, c’est la part de liberté, quasi obligatoire, que l’on a face à des mots qui resteraient intraduisibles dans la langue de destination, depuis l’allemand comme depuis l’anglais. Dans l’humour, les jeux de mots, les images ou les sonorités, comme dans le choix des noms par exemple… c’est cela qui donne un champ de créativité énorme et dans lequel, il y a quelque chose de facétieux qui peut se passer. Et c’est là que le traducteur peut faire des choix de traduction qui vont ancrer l’univers dans la langue de destination. Et ils peuvent être très forts. En langue anglaise, je pense à l’univers d’Harry Potter, par exemple, avec un choix du traducteur qui parfois va jusqu’à l’extrême. Un bel exemple d’inventivité ! »

Chemin faisant, Peggy continue à travailler pour les éditions Fleurus, toujours en littérature jeunesse. Elle traduit des livres tournés vers les adolescents, comme Les Passeurs d’histoires, un roman aux enjeux plus marqués, contrairement à Winston qui a forcément un lectorat diffèrent, plus jeune. Et quand elle ne traduit pas de la littérature depuis l’allemand ou l’anglais, Peggy traduit dans les domaines des sciences humaines ou du marketing. Elle sent que, elle toute seule, elle n’a pas suffisamment de connexions avec le monde de l’édition, et les éditeurs en particulier, pour vivre pleinement comme traductrice. Elle n’a pas de point d’appui. Jusqu’à ce qu’elle entende parler de l’ETL…

Peggy, membre de l’ATLF, voit passer sur leur fil Twitter un appel à candidatures pour l’ETL, publication dans laquelle elle voit le nom d’Olivier Mannoni. Elle connaît son nom car elle l’a vu dans des interventions. Elle sait qu’il est une personnalité forte et importante du monde de la traduction. Peggy creuse un peu plus et découvre que l’ETL, ce sont aussi des ateliers multilingues où l'on est confronté à d’autres langues que les siennes. Mais aussi à d’autres méthodes et problématiques qu’elle rencontrera certainement un jour. Elle postule donc à l’ETL et banco, sa candidature est acceptée.

L’École aura remotivé son envie… « Je suis plus optimiste, plus active. Aujourd’hui, je peux vous confirmer que, l’ETL, c’était pour moi… ».

« Je me souviens, au début de la formation, on était tous en train de s’excuser d’être là. En fait, avec le recul, on n’assumait pas le fait d’être traducteur. On avait besoin de légitimité. Et cette formation nous a donné plus de confiance en nous, en tant que traducteurs, et d’assumer pleinement notre métier. Parce qu’en fin de compte, c’est un vrai métier ! ».

Un autre atout de cette formation, c’est le réseau qui se crée naturellement entre les élèves de la promotion et autour d’eux. « Avant l’ETL, c’était grâce au ‘bouche-à-oreille’ que l’on pouvait espérer décrocher un contrat. Avec le réseau ETL, j’ai décroché un contrat pour lequel j’ai été recommandée. Cela signifiait beaucoup pour moi car être recommandée veut aussi dire que l’on vous fait confiance à 100 % pour entreprendre une mission. Donc oui, avoir un réseau de traducteurs quand on est traductrice, c’est très important. ».

Peggy n’accepte pas toujours tous les textes qu’on lui propose. Par honnêteté intellectuelle. « Avant d’accepter une mission, je teste le texte. Je fais un premier essai de traduction. Si le texte me bloque, ou que je ne le ‘sens’ pas, je ne l’accepte pas. Avec Winston, par exemple, j’ai commencé par lire le texte dans son intégralité pour avoir une première impression de lecture. C’est elle qui va conditionner la traduction, tout en gardant l’esprit de l’auteur et de sa création. Et si j’ai une réelle difficulté à saisir les subtilités d’une expression ou d’une référence culturelle, je fais appel à mes collègues traducteurs franco-allemands, avec lesquels on se réunit une fois par mois pour échanger. Cela nous permet d’écluser les problématiques, de nous rassurer dans nos choix de traduction ou de nous remettre en question face au texte et à son contexte. On peut ainsi envisager un autre choix pour telle ou telle expression, tout en restant décisionnaire du rendu final. Quand on est traducteur, on peut aller plus loin tout en restant fidèle à l’esprit d’un texte. On est le gardien d’un texte ».

« Traduire, c’est un métier autour de l’écriture mais avec des trames fixées par un autre auteur. Il y a un certain confort, certes. Mais traduire, c’est aussi être auteur d’un texte écrit par un auteur dans une autre langue et une autre culture. On est, sans cesse, en prise avec cet autre, comme une mise en abyme au service d’un texte et de son lectorat». Comme un auteur, on prend des décisions, on tranche, on s’approprie un texte. On a trop souvent peur de trahir un texte ou un auteur alors que la trahison est inhérente à notre mission. « Il est très important pour moi de donner des clés au lecteur pour qu’il ne soit pas perdu. Et comme tout dépend du contexte. Il m’est arrivé de devoir retravailler un texte pour m’adapter aux attentes du lectorat français. Les références ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre, d’un public à l’autre.

Et si l’on parvient à transmettre l’essence d’un texte jusqu’à un lecteur, c’est alors un grand soulagement que l’on ressent. Celui d’une mission accomplie ! ».

Quand on traduit un texte, on accepte aussi de s’exposer. En fait, il y a un véritable enjeu à exister pour les traducteurs. Non seulement pour être plus visible et se faire découvrir, mais surtout pour montrer la constance de la production littéraire dans le monde. « On va plutôt dans le bon sens, je pense, je suis plutôt optimiste. Le traducteur ne vit plus dans l’isolement. Il est toujours connecté aux autres, à sa communauté. On communique, on s’entraide. On a une réelle volonté de fédérer autour de notre métier, de le transmettre tout en y apportant une réflexion pour son futur. Je ne vous parlerai pas des traductions automatiques car je suis persuadée que l’intelligence artificielle peut apporter des solutions immédiates, si les phrases sont simples. Parce que, quand le texte est complexe, les faux sens peuvent être nombreux si on ne les passe pas au travers du filtre de la lecture humaine. L’intelligence artificielle ne connaît pas les impressions de lecture. Et comment pourrait-elle le faire ? C’est un algorithme. Ce n’est pas un lecteur. Faites le test ! Prenez un extrait d’un texte reconnu pour sa complexité, Walt Whitman par exemple, ou même Goethe et traduisez-le dans Google Translate. Vous verrez que la lecture humaine reste essentielle pour atteindre la finesse d'un texte. Et que le traducteur reste avant tout un lecteur », ajoute Peggy.

S’il y a bien un conseil que Peggy donne volontiers à tout traducteur en herbe qui souhaite se professionnaliser, c’est de lire, c’est-à-dire, de « développer sa curiosité, lire des textes, mais surtout des traductions de textes originaux pour se donner toutes les chances de s’épanouir dans ce métier. Et ce métier, on le perfectionne au fil du temps. C’est un des métiers les plus vieux au monde ».

Une parution en octobre, beaucoup de lectures et se rapprocher du monde de l’édition, telle est l’actualité de Peggy Rolland. Et elle s’empresse de conclure : « aujourd’hui, quand je me présente, je dis que je suis traductrice depuis l’anglais et l’allemand. Je le dis plus facilement et avec fierté ».

Pour en savoir encore plus sur Peggy Rolland, découvrez ici son parcours professionnel.

Pour la contacter:

Sur Twitter : https://twitter.com/PeggyRolland

Sur son blog/site : www.peggyR.com

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