Cyrille Rivallan, Traducteur Etl

Cyrille Rivallan est devenu traducteur grâce à sa passion : la musique. Et c’est ainsi que la traduction de l’anglais s’est imposée à lui. Une carrière qui aurait pu ne pas avoir lieu si il avait écouté son prof à la faculté. Mais quand la musique résonne, elle est trop forte pour être ignorée.

Tout a commencé avec Mickey, la souris de Disney. Avide lecteur du fameux « Journal » dans sa prime enfance, comme beaucoup d’entre nous, Cyrille Rivallan est fasciné par le monde merveilleux de ce sympathique rongeur, qui l’introduit à la culture américaine. Quelques années plus tard, adolescent, en plein apprentissage de l’anglais au collège, c’est un autre pan anglo-saxon qui va cristalliser ses passions : celui de la culture britannique et de la musique. C’est l’étincelle ! Et tout naturellement, il progresse dans l’acquisition de la langue sans vraiment penser à la traduction. Il n’y est pas encore.

Après un bac scientifique et des études en sciences économiques qui lui laisseront un amer souvenir, il se réoriente vers un milieu qui lui semblait plus en phase avec ses valeurs et ses intérêts. Il choisit la fac d’anglais où il se sent plus dans son élément et où il suit ses premiers cours de traduction. Ça lui plait. Mais très vite, en licence, son professeur le dissuade de suivre une carrière dans cette voie. Il lui disait qu’il allait passer son temps à traduire des notices techniques, des modes d’emploi d’imprimantes. Quant à l’interprétariat, c’était perdu d’avance ! D’après son professeur, il faut être bilingue de naissance et être prêt à évoluer dans un milieu hyper concurrencé. Cyrille baisse les bras. Mais pas totalement. Il part enseigner dans trois écoles de la banlieue londonienne, en tant qu’assistant. L’expérience ne le convainc pas. Il ne se voit pas faire carrière dans l’enseignement. Il rentre en France sans idée précise en tête. Finalement, il décide de suivre sa passion et s’inscrit dans une filière qui l’avait toujours attiré, mais que sa famille considérait comme peu attrayante du point de vue des débouchés professionnels : la musicologie.

Depuis ses cinq ans, l’âge de son éveil musical, Cyrille joue de divers instruments. « Je les collectionnais et durant mes années fac, j’organisais des concerts ». C’est décidé. Il arrête les études et cherche des petits boulots en studio d’enregistrement et de postproduction son. « J’ai enchainé des tas de boulots, comme assistant de direction bilingue, par exemple, où mes compétences en anglais ont énormément servi ». Il intègre aussi des studios où on ou enregistre les voix de doublage pour des publicités, des émissions de télé-réalité américaines ou encore des jeux vidéo. Il y est vite promu en tant que assistant chargé de projet et se retrouve quotidiennement en contact avec une grande communauté de traducteurs « On travaillait sur des volumes de traductions énormes. Les discussions me passionnaient et la traduction me titillait ». L’envie d’être traducteur se renforçait.

Avec une carrière de DJ en parallèle, Cyrille ne collectionne pas que les instruments et les morceaux de musique. Il lit beaucoup sur sa passion, ses musiciens favoris. Parfois, il se disait que c’était dommage que tel ou tel ouvrage ne soit pas disponible en français. Il est un ultra fan de musique. Il lit tout ce qui y touche de près ou de loin. Il découvre Perfecting Sound Forever de Greg Milner. Il n’arrive pas à le lâcher. Il se dit : « Ce bouquin-là, ce serait dommage que mes amis ne puissent pas le lire ». Il se renseigne et les droits sont disponibles. Il contacte le Castor Astral et le projet se fait. Traduire un million de signes, en plus de ses multiples boulots, a été extrêmement formateur.

En parallèle, une autre occasion se présente à lui. Un de ses amis, rédacteur en chef-adjoint du Monde diplomatique lui dit qu’il a un article à traduire. Cyrille n’hésite pas une seconde et accepte le projet. Et tout cela a été le début d’une grande aventure.

Cyrille mène aussi d’autres projets avec le Castor Astral. Cela a marqué un tournant dans sa vie. Il est enfin devenu traducteur. Puis, les gens sont venus lui parler d’autres projets et depuis, il se consacre exclusivement à la traduction. L’effet bouche-à-oreille a été particulièrement décisif dans sa carrière. Les projets se suivent régulièrement et Cyrille traduit de tout, de la musique à la politique en passant par le développement personnel.

Ce que Cyrille aime dans la traduction, c’est de se faire l’interprète d’un auteur, avec ses libertés dans le choix des mots pour une transposition pertinente dans une culture autre. Il aime travailler sur tous les aspects du livre, comme un éditeur. Il recherche les émotions les plus justes, il se concentre sur les titres, par exemple, dont il raffole, ou sur les index, qui le font cauchemarder, confesse-t-il.

Aujourd’hui son objectif est de traduire de la littérature. « J’ai encore pas mal de choses à apprendre. Et c’est pourquoi, je me suis inscrit à l’ETL ». Il rajoute en riant, « et j’en ai pour mon argent ». C’est sur les réseaux sociaux qu’il entend parler de l’École, notamment sur le fil Twitter de l’ATLF auquel il est abonné comme bon nombre de ses pairs.

Cyrille est curieux de tout. Il aime sortir de sa zone de confort et se confronter à quelque chose de complètement étranger et d’unique à chaque fois. « On se projette dans l’esprit d’un auteur qu’il nous faut rendre accessible au lecteur. C’est comme cela que j’ai été exposé à des domaines qui ne sont pas les miens. J’aime quand ça s’impose à moi ! ».

Et c’est comme cela qu’il traduit, au fil des textes qui s’imposent à lui dans leur immédiateté, sans en lire l’intégralité en amont. Il aime ne pas anticiper la traduction pour rester dans la posture d’un lecteur qui reste dans la découverte.

Cyrille rajoute qu’une des réalités du métier, c’est d’être seul chez soi et de n’avoir personne sous la main. Il échange souvent avec ses collègues, avec qui il forme une communauté solidaire, pour qu’on lui explique une référence culturelle, par exemple. À défaut, il fait preuve de débrouillardise. « Heureusement qu’on a les moteurs de recherche à notre disposition… ».

Être seul devant la feuille blanche, c’est aussi savoir être indépendant pour le meilleur et pour le pire. Traducteur, c’est être autonome et se soumettre à sa propre discipline ! « Moi j’apprécie d’avoir cette latitude de gérer mon emploi du temps. ». D’autres ont besoin de cadre. De toute manière, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron » rappelle Cyrille. Et cette expression colle parfaitement au métier de traducteur. Cela veut dire qu’il faut faire preuve de patience comme un artisan et s’exercer pour maitriser les réflexes liés à l’acte de traduire.

Et lire dans toutes les langues. Lire beaucoup pour s’intéresser à l’écriture et lire des traductions, bien sûr, pour deviner les problèmes auxquels aurait pu être confronté un traducteur afin de comprendre comment ceux-ci ont été résolus. « On apprend tous les jours. Et complétez vos lectures en allant à la rencontre des traducteurs. Posez leur des questions. »

L’actualité de Cyrille ? Le 12 juin dernier paraissait Les 130 énigmes d’Alice au Pays des Merveilles aux éditions Larousse. Il vient de terminer la traduction de Techno Rebels — les pionniers de la techno de Detroit avec les éditions Allia.

Nul doute que son ancien professeur de traduction en fac d’anglais est fier du parcours de Cyrille.

Pour en savoir encore plus sur Cyrille Rivallan, découvrez son résumé professionnel

Et sur ses réseaux sociaux :

Twitter : @JeanWindows

Linkedin : Cyrille Rivallan

Et pour en apprendre plus sur l’ETL, c’est par .

Nous vous donnons rendez-vous dans 15 jours pour un nouveau portrait « Derrière le miroir ».

L’ETL, née d’un partenariat entre le Centre national du livreet l’Asfored, propose aux jeunes traducteurs, déjà engagés dans le métier, une formation complète, fondée sur un enseignement de la traduction multilingue, grâce à des ateliers assurés par des traducteurs chevronnés et des interventions de professionnels de tous les métiers du livre.

Si vous voulez en savoir plus, nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions ici.

Appel À Candidatures Pour La Promotion 2020

L’École de Traduction Littéraire (ETL) lance un appel à candidatures à l’occasion de l’ouverture de la VIe promotion en janvier 2020.

Issue d’un partenariat entre le Centre National du Livre et l’Asfored et pilotée par Olivier Mannoni, l’École est la première à offrir aux jeunes traducteurs et traductrices, ayant déjà publié au moins une traduction chez un éditeur, une formation complète d’un an.

Fondée sur un enseignement de la traduction en ateliers multilingues pilotés par des traducteurs chevronnés, la formation est complétée par des interventions de représentants de tous les métiers du livre.

L’École est ouverte aux traducteurs et traductrices de toutes langues et notamment à ceux et celles de langues rares.

Pour être pris en charge financièrement (formation et déplacements), les candidats devront répondre aux critères de l'AFDAS.

Pour télécharger le dossier d’inscription et tout savoir sur l’ETL, c'est par ici.

Date limite de dépôt des dossiers : 30 juillet 2019

Pour tout renseignement supplémentaire, c’est par ici.

Et retrouvez les portraits de la promotion 2019 ici ! Ils vous parlent de leur métier et de l’École…

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