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AUDE FONDARD, TRADUCTRICE ETL

« Derrière le miroir » est une série de portraits qui vous fera découvrir les personnalités des traducteurs et des traductrices de l’ETL (École de Traduction Littéraire CNL-ASFORED). 


Les traducteurs de la nouvelle promotion 2019 de l’ETL vous dévoilent leurs motivations et passions, ce qui fait leur énergie créatrice, ce qui les inspire et les ancre lorsqu’ils et elles sont face au texte, et qui est le plus souvent invisible aux yeux des lecteurs et lectrices.

De Paris à Berlin, de Londres à Athènes, Aude est une traductrice passionnée. Une passionnée de la scène, d’art et du mot. Déjà toute petite, elle s’invente des mots, des langues aux sonorités étranges, mais qui lui plaisent bien. Aude se raconte des histoires dans la rue, quitte à passer pour une folle aux yeux des passants, mais certainement pas plus que ceux que nous croisons tous les jours au téléphone. Au fil de ses lectures, de ses curiosités, le mot s’est alors affirmé comme étant l’élément déclencheur de sa vocation.

Diplômée d’histoire de l’art, lorsque son père lui demande ce qu’elle compte faire de sa vie, elle répond : « Je veux me sentir utile. J’aime les langues, la lecture. Et la traduction est un moyen pour transmettre des idées ». Allemand, anglais et grec moderne seront ses langues de prédilection.

Un jour, Aude lit Edgar Allan Poe, publié chez Garnier/Flammarion, et constate que les traductions des poèmes anglais de Charles Baudelaire sont bien différentes de celles de Mallarmé. « Chacun des trois poèmes me donne quelque chose à voir et à imaginer. »

Sa première commande en 2009, elle la réalise dans le domaine de l’histoire de l’art avec une traduction depuis l’allemand sur le céramiste Gilbert Portanier. Grâce à lui, elle a pu découvrir de nombreux artistes qui écrivent par métaphore. Et pour « rendre » ces métaphores, puiser des mots et des idées, Aude rentre dans leur tête.

Sa « langue de cœur, sa langue 2.0 », c’est le grec moderne. Elle aime ses rimes, ses déclinaisons, ses sonorités qui permettent de « redonner un autre corps à la voix ». D’ailleurs son mot préféré est grec : « αφού » (/afoú/) qui peut se traduire par « depuis ». « Il sonne comme un élan de joie, alors que c'est un connecteur logique qui n'a rien à voir avec la folie ». Si vous vous demandez quel est le mot qui l’agace, c’est du côté de l’allemand. « Heimat », car il renvoie à des concepts qui la dérangent, mais elle n'a rien contre le mot en lui-même, elle le trouve beau. Au fond, ce qui l'agace le plus, c'est l'usage qu'on fait des mots, notamment dans la publicité, « cette voix subliminale qui renvoie à une injonction ».

En 2017, elle a la chance de traduire Imi Knoebel Reims, publié chez Hatje Cantz, le projet dont elle est la plus fière à ce jour car il présente de véritables défis de philosophie, de pensée et de souffle*. Elle rêve aujourd’hui de traduire Yrsa Daley-Ward dont le mélange de prose et de poésie la touche, ou les textes d’Akwaeke Emezi.  Elle aime les images créées par Jeanette Winterson.

Traductrice, oui c’est un beau métier, qui demande de la fiabilité et de la rapidité, sans avoir peur du « capillotracté », au moins un peu, nous confie Aude. Il y a « de l’aura dans l’écriture, ce qui  semble très noble, mais le statut dans l’imaginaire ne correspond pas à la condition d’exercice du métier à cause de la réalité économique ».

Aujourd’hui, Aude a choisi l’ETL « parce que toutes les stars de la traduction y sont et que j’ai une grande admiration pour elles. J’ai lu leur travail, j’ai vu leur nom dans nombre de publications. Et avec humilité, ils et elles partagent avec nous leurs techniques et leurs savoirs tout en nous proposant une pensée différente. Tout cela contribue à dépoussiérer mes habitudes, à peaufiner mon écriture, à me rendre plus solide pour démarcher car j’ai besoin d’être épaulée. »

Un conseil pour les futurs traducteurs et traductrices ? « Être une éponge dans sa curiosité des mots et des éléments autour du texte. Se détacher du texte, le laisser respirer et reprendrez la traduction plus tard. Prévoir une période tampon dans son échéancier. »

Pour en savoir encore plus sur Aude Fondard, vous pouvez découvrir son résumé professionnel ici 

Et pour en apprendre plus sur l’ETL, c’est par   

Nous vous donnons rendez-vous dans 15 jours pour un nouveau portrait, derrière le miroir.  

 

L’ETL, née d’un partenariat entre le Centre national du livre et l’Asfored, propose aux jeunes traducteurs, déjà engagés dans le métier, une formation complète, fondée sur un enseignement de la traduction multilingue, grâce à des ateliers assurés par des traducteurs chevronnés et des interventions de professionnels de tous les métiers du livre.

Si vous voulez en savoir plus nous sommes à votre disposition pour répondre répondre à vos questions par e-mail à Etl-cnl@asfored.org

 

  * http://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Grand-Est/Actualites/Publications-Etudes/Arts-plastiques-Publication-Imi-Knoebel-Reims
http://www.hatjecantz.de/imi-knoebel-7035-1.html