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Le marché du livre et de l'édition en France

Le secteur du livre est emblématique de la forte valeur ajoutée qu’apportent les maisons d’édition et des emplois hautement qualifiés qui y concourent.

Dans cet article, le point sur un secteur en mutation, premier des industries culturelles et créatives, dont le chiffre d’affaires (75 milliards d’euros) est supérieur à celui de l’industrie automobile ou des industries chimiques !

Cet article a été conçu pour donner un aperçu d'un secteur en mutation, extrêmement riche et complexe, dont le modèle économique est unique : emploi, modèle économique, chiffres clés, évolutions...

Ces données sont actualisées au fur et à mesure des publications officielles. Vous trouverez également en bas de page des liens vers les sources de références.

Au sommaire :

Le livre, première des industries culturelles françaises : des atouts méconnus ! 

Une industrie, oui, mais créative

5 points clés à retenir sur l’édition (Chiffres SNE)

Des segments éditoriaux contrastés

Une diffusion du livre multiple

Sources, pour aller plus loin

 

Le livre, première des industries culturelles françaises : des atouts méconnus ! 

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Les 1,1 millions de personnes que les industries culturelles emploient, souvent qualifiées, sont pour la plupart non délocalisables.

La filière livre, quant à elle, totalise au sens large (édition, diffusion, distribution, commerce de détail et bibliothèques) plus de 80 000 emplois, soit un peu moins de 0,4 % de la population active mais près de 20 % de l’ensemble des emplois du secteur culturel (430 000).
Le seul secteur de l’édition compte un peu plus de 15 000 salariés, là où le commerce de détail de livres en magasins spécialisés en compte un peu moins de 15 000.

Une industrie, oui, mais créative

Créativité

Activité essentiellement de prototypes, le livre constitue un secteurs qui invite avant tout à l'expression de la créativité. Il nécessite une création sans cesse renouvelée, ce qui en fait à la fois son intérêt majeur mais induit également un modèle économique complexe.
Cette créativité se retrouve dans la grande diversité de l'offre éditoriale, traduite dans la segmentation statistique des secteurs (pas moins de 13 segments) comme dans les rayonnages des libraires.

5 points clés à retenir sur l’édition (chiffres SNE)

Chiffre d'affaires

Baisse du chiffre d'affaires des éditeurs de 3 % (2,687 milliards d’euros) et du nombre d'exemplaires vendus de  3,2 % pour la troisième année consécutive en 2013. Cependant, hors édition scolaire qui doit faire face à une absence de réforme scolaire (- 13,1 % en valeur), le chiffre d'affaires de l'édition ne diminue que de 1,3 %.

Production

Hausse des titres, baisse des tirages  : si la production de titres a continué sa progression en 2014 (+7,3 %), soit 80.255 titres dont 68.187 nouveautés et nouvelles édition en 2014 (+2,5 %), indicateur objectif de la diversité éditoriale, le tirage moyen, en revanche, a continué de baisser en passant de 5991 à 5966 exemplaires, ainsi que le nombre total de livres vendus en 2013 (427 millions contre 441 millions en 2012).

Numérique

4,1 % : la part du numérique dans le chiffre d’affaires de l'édition continue sa progression (livres numériques et livres audio en prix de cession éditeur), dont le numérique sur support amovible représente  11,3 M€ HT (0,4 % du CA) et le numérique dématérialisé (téléchargement, streaming, applications, licences d'utilisation de bouquets, ...) 3,7 % (94,0 M€ HT).

Le chiffre d'affaires généré ainsi progresse de 28,6 % (à 105,3 millions d'euros). Mais si le marché professionnel représente encore la majeure partie de l'activité (56 % soit 46 M€ HT, sa progression a surtout été portée par le doublement des ventes vers le grand public (hors édition professionnelle, le CA représente 2,3 %).

Pour le Syndicat national de l'édition (SNE), « il ne fait aucun doute que les ventes numériques continueront de progresser dans les années qui viennent alors que l’offre des éditeurs croît de façon significative et que le numérique commence à fidéliser un public de professionnels et de particuliers qui a désormais une consommation stable, voire en augmentation. »

Auteurs

Le poids des auteurs progresse,  
car même si le montant des droits d’auteur diminue de 2,5 % (de 437 millions d’euros à 427 millions d’euros) leur baisse ayant été moins importante que celle du marché, elle se traduit par une augmentation de leur poids relatif dans le compte de résultat des éditeurs : 9,7 % du CA PPHT et 15,9 % du CA net.

Traductions

La part des traductions dans la production commercialisée en France était de 17,4% en 2014, stable par rapport à 2013.
Hit des trois langues les plus traduites : l'anglais (59,5 %), et loin derrière le japonais (11,8 %) et l'allemand (5,4 %).

 

Des segments éditoriaux contrastés

Situations contrastées segments livre

• La littérature , le segment religieux et ésotérique et les beaux livres , sont en croissance.

• Les sciences humaines et sociales , la bande dessinée , la jeunesse , les cartes et atlas , les livres pratiques et les ouvrages de sciences et techniques , de médecine et de gestion reculent.

• Les dictionnaires et encyclopédies , l’enseignement scolaire , et les documents , essais et ouvrages d’ actualité ont connu une année très difficile.


Une analyse détaillée permet de constater des comportements très différents et des inversions de tendances de fonds pour des raisons multiples, évoquées ici.

Littérature

675,3 millions d’euros : c’est le chiffre d’affaires généré par la Littérature, premier secteur en poids économique, qui a soutenu l'activité cette année avec une progression de 5,7 % en valeur (soit 26,4% des ventes en valeur).

C'est grâce à la progression des romans contemporains et des livres d’espionnage, qui représentent à eux deux 79,5% de la littérature (+4,6% et 7,0%) que ce secteur progresse.

Il existe cependant de grandes disparités selon les segments : si la littérature érotique, humoristique, ainsi que le théâtre et les contes et les légendes progressent sous l’impulsion de best-sellers, les romans classiques et historiques, ainsi que le segment religieux baissent (sauf les ouvrages d’ésotérisme).

Jeunesse

Deuxième secteur éditorial en termes de poids économique d ésormais  à la faveur de la forte baisse de l’édition scolaire, la Jeunesse (342,4 millions d’euros, soit 13,4% des ventes de livres) a reculé de 3,4% en valeur et de 4,1% en volume.

Arts et beaux livres

La nouvelle  catégorie Arts et Beaux livres (86,8 millions d’euros, soit 3,4% des ventes de livres), auparavant regroupée avec les livres pratiques, progresse d'environ 0,8% en valeur.

Sciences humaines

Contre-performance pour l e secteur des Sciences humaines et sociales (243,4 millions d’euros, soit 9,5% des ventes de livres) avec une baisse de 0,6%, notamment à cause d'un recul des sciences économiques de 22,4%.

BD

Après plusieurs années de hausse, la Bande dessinée (242,7 millions d’euros, soit 9,5% des ventes de livres), notamment les mangas et les comics, recule de 1,2% en valeur et de 5,0% en volume. Toutefois, le poids relatif de ce secteur continue d’augmenter.

Cartes et géographie

Fortement concurrencé par des contenus numériques gratuits et le développement des appareils mobiles connectés, le secteur des Cartes de géographies et atlas (35,4 millions d’euros, soit 1,4% des ventes de livres) poursuit sa tendance baissière (en recul de 3,4% en valeur et de 1,8% en volume). La part du chiffre d’affaires numérique réalisé par ce secteur est d’ailleurs en forte hausse.

Livres pratiques

Les Livres pratiques (341,6 millions d’euros, soit 13,3% des ventes de livres) pèsent de façon très importante sur la baisse du marché avec un recul de 4,6% en valeur et de 3,1% en volume.
Toutefois, ce secteur reste le plus hétérogène et cache les contrastes les plus marqués : belle progression des ouvrages de santé et de bien-être (+2,2% en valeur et +2,0% en volume), recul contre-intuitif des ouvrages de gastronomie malgré un intérêt affiché des français (-5,2% en valeur et stagnation en volume).

A l'ère du numérique généralisé, les ouvrages d’Informatique reculent de... 39,1% ! Globalement, le segment des sciences et techniques, médecine, gestion (74,2 millions d’euros, soit 2,9% des ventes de livres) poursuit sa baisse de 6,4% en valeur et 6,6% en volume, à l’exception des ouvrages de management et d’économie d’entreprise dont les ventes progressent de 23,1%.

Dictionnaires et encyclopédies

Ce marché poursuit sa baisse année après année  (72,4 millions d’euros, soit 2,8% des ventes de livres pour une baisse est de 9,9% en valeur), fortement concurrencé par Internet.

Scolaire

En l’absence de réformes scolaires, l ’Édition scolaire (372,4 millions d’euros, soit 12,6% des ventes de livres) connaît une période très difficile. Après une baisse de 4,0% des ventes en valeur en 2012, c’est un recul de 13,1% qu'ont affronté les éditeurs en 2013. En volume, la baisse est plus mesurée à -4,7%.

Essais

Dans le contexte d’une année post-électorale avec une baisse spectaculaire de 19,9% en valeur et de 12,2% en volume, avec pour le seul segment politique un recul de 70% en valeur, le secteur Essais, documents et actualités (85,3 millions d’euros, soit 3,3% des ventes de livres) est en situation difficile.

Poche

Le poids relatif du Livre de poche a légèrement augmenté en valeur, malgré une baisse de son chiffre d’affaires de 343 millions d’euros (-2,5%) et du nombre d’exemplaires écoulés, soit 103 millions (-6,3%). Il représente, en 2013, 13,4% des ventes de livres et 24% des volumes.

Une diffusion du livre multiple

Diffusion distribution du livre

Le marché du livre relie en étroite connexion un ensemble important de professionnels, qui interviennent en aval du travail de l'éditeur : documentalistes, bibliothécaires, libraires.
La diversité de l'offre éditoriale et la densité du réseau des libraires sont deux aspects étroitement liés car chaque année, ce sont des milliers de titres qui sont commercialisés en France (95 483 en 2013, dont 46 619 nouveautés), pour 427 millions d'exemplaires.

La part de la librairie, point de vente privilégié par les Français, a cependant baissé (selon GfK) et se situe autour de 28,3% pour les librairies de niveau 1 et passe à 55,7% si on ajoute la part des librairies de niveau 2 et d’Internet, dont la progression se poursuit chaque année.

Grandes surfaces spécialisées en produits culturels (GSS : Fnac, Cultura…) : 27,6 %

Grandes distribution 5GSA : Auchan, Carrefour...) : 16,7%

Sources, pour aller plus loin :