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Les outils d’aide à la décision de l’éditeur

Avoir un « beau projet » ne suffit souvent plus pour décider de publier. Sauf à de rares exceptions près, l’éditeur est de plus en plus sollicité pour effectuer une étude de rentabilité et doit être en mesure d’annoncer un retour sur investissement pour emporter la décision.

Décider de publier

La seule étude du point mort (seuil de rentabilité), si elle est nécessaire, ne suffit plus à donner une idée précise du risque pris par l’éditeur. Il faut lui ajouter parallèlement d’autres indicateurs pour compléter et fiabiliser un véritable compte d’exploitation prévisionnel (CEP).
Autrement dit, l’éditeur doit maîtriser divers outils de gestion, dont le CEP pour prendre une véritable décision, et ce, à chaque nouveau projet. Car tout choix nécessite une étude économique préalable.

Une prise de décision spécifique à l’édition

Un éditeur qui gère un plan d’édition de « x » nouveautés par an gère autant de projets et mène autant de réflexions de rentabilité. On assiste alors à un morcellement de l’activité éditoriale, qui se fait décision par décision. Or, plus on se situe sur des niveaux réduits, plus l’éditeur a besoin d’affiner son étude de rentabilité.

Corrélée à une durée de vie des ouvrages raccourcie, une baisse du chiffre d’affaires et des tirages moyens (-12,6% pour les nouveautés, -23,5% pour les réimpressions en 2013), une diminution des stocks et une accélération de leur rotation, la perspective de rentabiliser un titre s’amoindrit d’autant.

Ce phénomène est tout à fait spécifique à l’édition. Dans les autres secteurs, il existe généralement un seul modèle économique, tandis que celui de l’édition doit sans arrêt être revu et adapté. Si la publication au sein d’une collection peut être assimilée à une démarche d’industrialisation dans une économie de prototype, chaque projet reste souvent unique.

La responsabilité est d’autant plus lourde qu’ici plus qu’ailleurs, il faut commencer par investir, engager des montants parfois très importants, avant de pouvoir commencer à espérer un retour sur investissement. D’où l’importance des outils d’aide à la décision !

Cependant l’éditeur à qui incombe cette tâche possède rarement cette culture du chiffre. Il lui est d’autant plus crucial de se former.

L’impact du numérique sur les outils de gestion

Avec le numérique, la façon de travailler se trouve modifiée. Et les éditeurs sont souvent désemparés face à la nouvelle gestion qu’il induit.
Si le modèle économique du papier est assez clair, celui du numérique brouille les cartes : sur le chiffre d’affaires, la répartition des coûts indirects, etc.

Est-il un additif au livre papier ? Faut-il vendre par abonnement ? Les coûts de création doivent-ils être supportés par la version imprimée ? Faut-il faire un seul compte d’exploitation quand un ouvrage est publié conjointement en version imprimée et numérique ? Plusieurs ?

Sauf pour certains secteurs comme celui de la littérature de genre, où le marché purement numérique s’est plus développé, le numérique relève encore souvent de la recherche et développement, et reste donc un poste d’investissement couteux et difficile à classer.
Encore aujourd’hui, peu d’éditeurs sont en mesure d’apporter une réponse claire sur la meilleure façon d’analyser la rentabilité des publications multisupports.

Analyser la rentabilité : un passage obligé

Il est donc incontournable pour les maisons d’édition de former les éditeurs afin qu'ils accroissent la visibilité sur leurs prévisionnels de ventes et de rentabilité avant toute décision d’investissement.

 

En savoir plus : Les outils de gestion du responsable d'édition

Merci à Florence Chagneau, formatrice à l'Asfored et Edinovo Formation, pour sa contribution à cet article.

 

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