Retour au sommaire

Éditer des livres Jeunesse : créer et valoriser

La troisième édition des « Petits champions de la lecture » organisée par le SNE (Syndicat National de l'Édition) est l'occasion de présenter les spécificités du métier d'éditeur Jeunesse.

La Littérature de jeunesse fait partie des quatre seuls secteurs éditoriaux à afficher une croissance de son chiffre d'affaires en 2013 (+ 3,5 %) dans le contexte pourtant morose d'un marché en recul de 1,1% en 2013.

 

Les trois segments du marché de littérature de Jeunesse progressent en 2013 : 

  • Éveil, petite enfance et albums à colorier, qui réalise une belle croissance de son CA de 10,2% en 2013 (6,2% en 2012)
  • Fiction jeunesse, adolescence et jeunes adultes : + 8,8 % en 2013 (5,9 % en 2012)
  • Documentaire, encyclopédie : + 1,6 % en 2013 (1,3% en 2012).

Avec un chiffre d'affaires de 342 401€, la part de la jeunesse se situe désormais à 20,6 % du marché global (13,4 % en 2012).

À l’heure où la plupart des enquêtes menées pointent une baisse de la lecture chez les jeunes, il est fondamental de rappeler qu’il ne s’agit nullement d’une fatalité.

L'enquête OCDE - PISA 2012 a en effet montré combien la compétence en lecture dépend avant tout du plaisir pris à lire.

Le métier d'éditeur Jeunesse

Pour bien comprendre le métier d'éditeur d'albums de petite enfance, nous avons interviewé Isabelle Pehourticq, éditrice chez Actes Sud, en charge des documents, cahiers d’activités et livres-CD depuis une dizaine d'année.

Au sein des éditions Actes Sud, le pôle Jeunesse, qui regroupe les éditeurs associés (Les éditions Thierry Magnier, Hélium…) est réparti entre deux éditeurs, elle-même et François Martin, qui s’occupe de la fiction et des albums. Son public est très vaste puisqu'il s'étend des tout-petits aux jeunes adultes !

À la question de savoir comment Actes Sud se situe au sein du marché Jeunesse, Isabelle Péhourticq répond :
« Chaque livre que nous publions est singulier. Dans un marché en progression, notre ligne éditoriale est tournée vers la création, la valorisation des textes et des images : nous voulons avant tout donner à lire des textes et des images de qualité. Ce qui fait que nous nous sommes parfois qualifiés de haut de gamme. »

Elle souligne l'importance de la relation de l'éditeur avec les parties prenantes de l'édition, les libraires et les lecteurs.

« Nous menons une politique commerciale destinée à soutenir la librairie indépendante. Nous faisons également très attention aux prix de vente de nos ouvrages. »

Autre point à souligner : le graphisme, élément clé pour faciliter l'identification des ouvrages : « Nous travaillons beaucoup les aspects visuels des couvertures avec notre directeur de création pour les unifier, et améliorer notre reconnaissance en librairie. »

Une étroite collaboration qui guide les fabrications pour qu’elles soient plus élaborées, plus réfléchies et qu’elles se distinguent en utilisant par exemple des fabrications spéciales, du vernis sélectif, des couvertures rognées à vif, etc.

Sélection des projets

La plupart des projets publiés sont sélectionnés à la suite de recommandations, et très peu sont reçus spontanément par courrier.

I. Péhourticq souligne par ailleurs le développement des publications dues à des partenariats institutionnels : associations, entreprises, musées (comme l’INRAP), agétablissements publiques (Ademe)...



C'est le cas par exemple du cahier d’activités comme Jeux et rêves de petits pâtissiers,  issu d’un partenariat avec La Pâtisserie des rêves.

Stratégie de développement

I. Péhourticq et son équipe se sont récemment formés à la conception et la scénarisation d’un livre interactif jeunesse. Cette formation lui a « permis d’envisager ce qu’il était possible de faire dans le livre numérique, très concrètement. On nous a donné une procédure à suivre, et maintenant c’est plus clair ! »

 Cette formation répond en effet à des questions de fond comme :

  • Adaptation ou création ? Quelle est la valeur ajoutée du numérique ?
  • One-shot ou collection ?
  • Quel type d’innovation vais-je apporter ?
  • Quelles cibles ?
  • Quels formats : application ou livre ?
  • Interactivité, animation, narration
  • Contraintes techniques et outils de développement
  • Etc.

Si la question du développement d'ouvrages numériques est donc bien à l'ordre du jour, I. Péhourticq se montre prudente face à un marché « qui se met en place » et dont la production « reste trop coûteuse en termes de développement pour réaliser pleinement ce que nous souhaiterions. »
Actes Sud Jeunesse a néanmoins créé une Cellule numérique pour développer des projets qui se révèleraient adaptés à de tels supports. « Mais il faut avant tout qu’ils aient du sens en version numérique ! »

Autre axe de développement : Actes Sud a récemment acquis les Éditions Hélium, qui créent beaucoup de livres objets. Comme pour les éditeurs associés chez Actes Sud, leur ligne éditoriale est parallèle  mais leurs produits restent spécifiques.

 

Pour en savoir plus sur les formations spécifiques au secteur Jeunesse, consultez notre catalogue.

Vous pouvez aussi nous adresser un mail.

Cet article vous a intéressé ? N'hésitez pas à le partager et à nous faire parvenir vos commentaires.